Une revue d'actu dessinée avec une pointe d'humour

Il faudrait en finir avec certains termes qui contribuent à nous enfumer politiquement et qui décrivent les difficultés actuelles sous le vocable passe-partout de "crise".

Non ce n'est pas une crise ! Ce terme a bon dos, il décrit souvent quelque chose de cyclique, une période de vaches maigres en quelque sorte. Or, ce terme éculé ne peut pas être utilisé dans le contexte dramatique que nous vivons. Rien ne permettait de penser que nous pourrions descendre si bas et si vite, à l'heure ou une partie de la planète ne demandait qu'à s'ouvrir à l'économie de marché, après que tant de chemin positif ait été parcouru : de la démocratisation à l'est jusqu'à l'avénement des marchés émergents. Il n'y a pas de logique conjoncturelle à toutes ces mauvaises nouvelles qui tombent puisque celles-ci sont la conséquence de comportements sauvages, initiés par des fonds d'investissements ou des banquiers... et qui engagent, à un titre ou un autre, toute la communauté financière.

En fait il faudrait plutôt parler de "ravages économiques", ce qui sous-entend bien que ceux-ci ont été causés par une puissante dynamique destructrice : LA FINANCE internationale dans sa version moderne. C'est de cela dont il s'agit et il est inutile de contourner le problème en essayant de parler de "reprise", de "rétablissement de la confiance" sans avoir, au préalable, désarmé cette machine infernale qui consiste à faire toujours plus d'argent . Et si la seule abérration d'un marché qui s'auto-détruit ne suffisait pas, il faudrait arguer de l'épuisement des ressources et de la dégradation de notre environnement.

Nos sociétés sont en bout de course avec un modèle économique dont les capacités à repartir de l'avant s'amoidrissent de jour en jour. Le capitalisme financier nous place aussi devant un fait accompli dur à accepter : les sommes engagées pour sauver le futur de notre système ne peuvent être affectées qu'à ce noble but, quant aux dégats collatéraux  immédiats ils devraient être subis sans broncher ? Eh bien non ! Finalement il ne serait pas absurde d'exiger l'inverse à savoir de colmater MAINTENANT toutes les brèches sociales ... en reconnaissant que l'avenir est désormais plombé pour longtemps, par le poids de l'endettement et par une défiance quasi générale.

La France est mûre pour expérimenter de nouvelles pistes et il semble peu réaliste de promouvoir d'emblée un nouveau libéralisme "plus juste". Réalisons que, socialement, il est déjà tard.  A qui la faute d'ailleurs ?

Dim 18 jan 2009 Aucun commentaire