l le point du jour
Lénine dit un jour : "les capitalistes finiront par nous vendre la corde qui les pendra".
Mais la morale de l'histoire pourrait se révéler encore plus radicale : les capitalistes vont finir par se pendre eux-mêmes !
Aucune organisation subversive n'aurait pu discréditer le système aussi bien que ce réseau bancaire lui-même, engraissé
indéfiniment par des crédits douteux et suspendu à une pression financière imposée aux plus modestes, via l'immobilier.
Aucun autre révolutionnaire n'aurait fait mieux qu'un Bernard Madoff, dirigeant du Nasdaq, qui fit de
l'euphorie boursière une pyramide d'escroqueries intenable en cas de crise aigüe.
Aucun petit rebelle infiltré dans la jungle n'aurait fait autant de dégats que Kerviel le trader de la SG
qui, malgré ses boulettes, n'en demeurait pas moins un pur exécutant de marché.
Aucune autre idéologie fumeuse n'aurait pu faire vaciller ainsi notre système économique sinon cette
religion de la cupidité, croissant éternellement sur des montages de plus en plus risqués pour en optimiser les rendements.
Si cette crise systémique est la plus sérieuse jamais survenue, il ne faut pas se leurrer pour autant. Ce n'est jamais qu'une grande purge, plus profonde
et plus cruelle, mais finalement aussi peu définitive que la "fin de l'histoire" inventée par Fukuyama.
Le marché repartira de plus belle, dans quelques mois ou quelques années, après s'être nourri "sur le dos de la bête", c'est à dire sur les Etats et leurs citoyens
qui paieront un lourd tribut. Le prix à payer ce sont nos emplois du présent et nos impôts du futur.
La limite du tolérable semble bien avoir été atteinte et les citoyens dociles pourraient en devenir révolutionnaires. Merci qui ?